Jugés mercredi 6 et jeudi 7 mai à la maison d’arrêt de Klessoum, à N’Djamena, les huit présidents du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) font face à de lourdes accusations au Tchad : « attroupement armé », « mouvement insurrectionnel », « rébellion » et « détention d’armes de guerre ». Les prévenus rejettent catégoriquement ces charges, tandis que leurs avocats dénoncent un dossier « vide », dépourvu selon eux de tout élément de preuve solide.
La première audience, consacrée à l’instruction, s’est tenue dans la matinée du mercredi 6 mai et s’est achevée à la mi-journée après l’interrogatoire des accusés. Initialement prévu pour être bouclé en une journée en raison de la qualification en flagrant délit, le procès a finalement été renvoyé au jeudi 7 mai par le procureur, prolongeant ainsi les débats.
Au Tchad, une défense qui dénonce un dossier fragile et une procédure contestée
Pour la défense, la suite de l’audience, consacrée aux réquisitions et aux plaidoiries, s’annonce décisive. « L’objectif est de déconstruire toutes les infractions retenues », affirme Me Athanase, porte-parole du collectif d’avocats, qui estime que les éléments du dossier ne justifient pas une condamnation ni le maintien en détention des accusés.
En parallèle, la tenue du procès au sein même de la prison de Klessoum suscite de vives critiques au Tchad. Les avocats dénoncent une « pratique anormale », rappelant que ce type d’audience devrait normalement se dérouler au Palais de justice et être ouvert au public. Ils y voient un indice supplémentaire de la dimension politique de l’affaire, une analyse partagée par certains proches des accusés.
De son côté, le parquet justifie ce choix par des « raisons de sécurité et de risques de troubles à l’ordre public », tandis que les familles des prévenus dénoncent des restrictions d’accès au procès, qu’elles jugent préoccupantes pour la transparence de la procédure.
Commentaires